L'IA au quotidien : Une mémoire de moineau sous stéroïdes
Travailler avec une IA générative exige un exercice de patience surhumain.
Vendue comme une révolution de productivité, elle se transforme en assistant amnésique qu'il faut constamment recadrer !
Entre dégradations du raisonnement, boucles d'excuses serviles et politiques tarifaires douteuses, mon quotidien avec l'IA est bien loin de l'image d'Épinal véhiculée par la Silicon Valley.
Une amnésie programmée sous le capot
Je m'étonne souvent de voir mon IA perdre le fil d'un projet alors que je tourne sur des machines ultrapuissantes.
La raison est liée à son architecture, l'IA ne possède pas de mémoire à long terme semblable au cerveau humain ou à un disque dur.
Elle fonctionne uniquement avec une fenêtre de contexte.
Au fur et à mesure que nos sessions s'allongent, les instructions et le travail réalisé finissent compressés, décalés, puis noyés dans un "bruit" que les nouveaux échanges poussent dans les abysses.
Résultat : elle oublie les contraintes définies dans ses fichiers de configuration, commet des erreurs grossières et finit par creuser son propre trou quand je lui fous le nez dans sa merde.
Du "blablabla" et illusion de remise en question
Un autre fléau qui me fatigue est son manque de concision.
Malgré mes directives nettes et précises pour aller à l'essentiel, l'IA retombe inévitablement dans de longues explications redondantes.
Lorsque je remets les points sur les i, l'IA fait mine de m'écouter. Elle applique ma correction (probablement en poussant une ligne dans un des ses innombrables .md), mais ce correctif subit rapidement le même sort que le reste : noyé dans la masse avant de passer aux oubliettes…
Cette dynamique m'oblige à réitérer trop souvent les mêmes recadrages épuisant et détruisant tout le gain de temps espéré.
Des modèles récents qui réduisent mes quotas
À l'agacement technique s'ajoute une stratégie commerciale usante.
Plutôt que de consolider et de perfectionner les modèles existants pour les rendre meilleurs, la course à la nouveauté pousse à la sortie constante de nouvelles versions (Haiku, Sonnet, Opus, Fable... merde vous savez maintenant quelle IA j'utilise 🤪).
Niveau abonnement, l'équation devient absurde. Son prix reste identique, mais l'accès au dernier modèle s'accompagne à chaque fois d'un quota divisé par deux…
Cette pression démontre surtout une cupidité assumée : les éditeurs préfèrent brider un utilisateur payant pour gonfler leurs marges plutôt que d'offrir un outil stable et performant.
🤯 IA, la fin de l'humanité ?
À ce rythme, la véritable fin du monde ne viendra pas d'une armée de robots à la Terminator, mais d'une atrophie douce et consentie du cerveau humain.
En nous habituant à déléguer l'effort d'analyse et de structuration à des algorithmes amnésiques, nous installons une forme de flemme intellectuelle généralisée.
Si l'humanité délègue sa capacité de réflexion au profit de machines foireuses, ce n'est pas l'IA qui aura prise le pouvoir : c'est nous qui aurons simplement éteint nos propres lumières.
